Prix du pétrole : “rocket and feathers”

«L’âge de pierre ne s’est pas arrêté faute de pierre, l’âge du pétrole ne s’arrêtera pas faute de pétrole.»* Comme en 1973, la crise du pétrole que nous vivons actuellement ne vient pas d’un assèchement des puits, mais bien d’un étranglement de sa distribution. Car sur le fond, l’horizon des réserves de pétrole continue de reculer chaque année.

Le monde est passé de 30 années de réserves en 1980 à 56 années en 2020, en dépit d’une consommation qui a presque doublé. Pour le gaz également, les réserves ne montrent pas de signe d’essouflement. Ce n’est donc pas une pénurie structurelle, mais bien une anomalie conjoncturelle, une occasion en or (noir) pour les producteurs. La belle aubaine !

Rocket and feathers : être à l’affût, prêts pour la baisse qui suivra

Quand les prix du brut augmentent, la répercussion est immédiate. Vous pouvez faire confiance aux vendeurs pour revoir leurs conditions commerciales au moindre soubressaut de hausse. En revanche, lorsque ces mêmes prix finissent par baisser, les vendeurs ont tendance au statu quo, et se font oublier pour prolonger autant que possible ces conditions de vente confortables. Les prix montent en flèche, et redescendent en planant comme une plume : “rocket and feathers”. C’est l‘asymétrie bien connue des dynamiques de prix, à laquelle les acheteurs doivent être préparés.

Sécuriser les prix à contretemps

Un piège tout aussi redoutable en période de hausse serait de bloquer durablement les prix au plus haut. Si vous aviez déjà sécurisé des prix fixes avant la hausse : bravo ! Si ce n’est pas le cas, ce n’est plus le moment de se laisser aveugler par la peur de manquer. La baisse viendra, et plus tôt qu’on ne pense.

La concurrence internationale du pétrole sous sanction

Le troisième écueil est géopolitique. Les conflits en cours en Ukraine ou au Moyen Orient ont sonné la fin des hydrocarbures bon marché. Mais pas pour tout le monde : à l’international, nous subissons la concurrence insupportable de ceux qui ont accès au pétrole sous sanctions à prix cassés.

La solution, face à un tel handicap incontournable, est de trouver une alternative en explorant d’autres sources d’énergie. Et ces sources alternatives atteignent des seuils de rentabilité qui changent la donne. C’est pourquoi sortir de la dépendance aux énergies fossiles est non seulement une réponse à court terme, mais probablement aussi à long terme. (A suivre…)

* dixit Ahmed Zaki Yamani, ancien ministre du Pétrole en Arabie saoudite dans les années 1970.

 
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