Le client est roi : qu’il règne !

Galette des roisIl ne se passe pas une semaine sans nouvelle apologie de la dissolution du management. Le manager serait parasite, toxique pour l’entreprise, et sa disparition souhaitable.

Qu’on ne se trompe pas : il ne s’agit pas d’un sursaut de libertarisme soixante-huitard, même si le « ni Dieu ni Maître » des anarchistes n’est pas loin. Les racines de cette idée plongent plutôt dans le libéralisme révolutionnaire. Ainsi, déjà en 1797, Jean-Baptiste Say préconisait : « Voulez-vous être obéi ? Il ne faut pas alors vouloir que l’on fasse ; il faut faire que l’on veuille. »

Dans ce monde idéal, chacun agirait en pleine autonomie, dans une adhésion bien comprise au projet de la société (anonyme, cela va de soi !).

Cette autorité homéopathique n’est pas une utopie. C’est déjà une réalité : le « Père » n’en finit plus d’agoniser. Pour preuve ces deux symptômes : l’individualisme, endémique, qui nourrit toutes sortes de conflits de loyauté, et l’indifférence. Voyez la soif de reconnaissance omniprésente qui en découle !

Le risque n’est pas vraiment la désorganisation. Le désastre est bien pire : d’une part le naufrage silencieux des plus faibles, d’autre part la perte de repères qui mène au burn-out. « On n’est jamais si bien asservi que par soi-même », notait Gilbert Cesbron.

Exercer l’autorité est un métier d’acheteur : soigner (et non saigner) les plus fragiles, voir loin et mener la cohorte au succès, en laissant à chacun la responsabilité d’agir à la mesure de ses talents.

Le client est roi : qu’il règne !

 
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