Narcisse ou l’externalisation

Diriger n’est pas donné à tout le monde, et le risque de faire plus de mal que de bien n’est pas négligeable. Je ne compte plus les témoignages de management toxique, dont l’expression la pire est sans aucun doute la perversion narcissique. Ce fléau épargne-t-il le management de nos fournisseurs ?

Pour son découvreur, Paul-Claude Racamier, « le mouvement pervers narcissique est une façon organisée de se défendre de toutes douleur et contradiction internes et de les expulser pour les faire couver ailleurs, tout en se survalorisant, tout cela aux dépens d’autrui et non seulement sans peine mais avec jouissance. » Ça vous semble familier ?

Se délecter de la souffrance du fournisseur est intolérable. Cela va de soi, et pourtant… Je parie que chacun de vous a déjà vécu ou été témoin d’une telle jubilation sadique (dont goût trop amer finit heureusement par mettre mal à l’aise).

Mettons de côté ces errements pour revenir au nœud du problème. Externaliser ce qui nous fait souffrir est bon en soi : le fournisseur nous soulage d’une inefficience et c’est là son rôle. Mais exporter nos contradictions internes est autant problématique que répandu. Combien de nos partenaires se retrouvent entravés dans leur potentiel ? Déstabilisés par nos dissensions ? Désorganisés et tiraillés par un cahier des charges hétéroclite et non abouti ? Il n’en faut pas plus pour les démoraliser.

Nos fournisseurs stratégiques le sont soit par le risque qu’ils représentent, soit pour les opportunités qu’ils portent. Les faire basculer de l’un à l’autre ne tient bien souvent qu’à un fil.

 
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