La pierre de touche

« L’acheteur créateur de valeur, au-delà de la simple logique financière » : voilà le Graal !

Seulement, pour pouvoir revendiquer une telle approche, il faut accepter une mesure de la performance correspondante. C’est là où les choses se corsent.

La simplicité, qui fait l’attrait de la métrique comptable de la performance achats, la rend également réductrice et frustrante ; convenons-en. Si l’on veut dépasser cette logique, il faudra jauger notre efficacité à l’aune d’autres axes, dont les deux plus évidents sont :

  • la satisfaction du client interne,
  • la création de valeur avec les fournisseurs.

Reste à mesurer : une gageure… En effet, dans les deux cas, il est relativement aisé de suivre la performance des processus et d’un certain nombres d’indicateurs opérationnels. Mais font-ils le poids face au mètre-étalon des « savings » ? Ne pourrait-on pas plutôt mettre en lumière une valeur économique ?

A défaut d’avoir trouvé la panacée, voici deux témoignages d’initiatives édifiantes :

Dans l’entreprise où j’ai débuté ma carrière, le recours au service achats était à la fois optionnel et payant. Ainsi, lorsque nous étions sollicités, nos prestations faisaient l’objet d’une refacturation interne aux unités ou aux sites que nous avions épaulés. Un luxe que tous ne pouvaient se permettre, voire réservé aux plus méritants. Autant vous dire que nous étions motivés à prouver notre valeur ajoutée, et que toute inefficacité était vite sanctionnée. Curieusement, les « savings » se sont avérés assez secondaires dans l’histoire. Et vous, seriez-vous prêts à mettre un prix sur votre contribution ?

Quant à la création de valeur externe, encore plus complexe à évaluer, c’est assurément la pierre de touche en matière de performance des acheteurs. Dans ce contexte, cette entreprise de construction mécanique a osé pousser la logique jusqu’au bout. Tous les fournisseurs consultés (retenus ou non) ont été invités à répondre à la question suivante, réduite à sa plus simple expression : « Faut-il conserver un service achats pour piloter nos relations ? » Une mine d’or…

 
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Une réponse à La pierre de touche

  1. Maxime Pierrelot dit :

    Merci pour l’article.
    Pour allez plus loin sur le suivi et l’évaluation de la performance achat, je vois 2 possibilités :
    – Dans le cadre d’achats projet, il faut être capable de faire le suivi des pièces de la consultation à la livraison. L’acheteur devra alerter l’équipe projet pour prévenir de tout retard au niveau de la finalisation des plans par le BE, par exemple.
    L’acheteur projet est également responsable de l’atteinte ainsi que du suivi des coûts objectifs fixés au démarrage du projet. Il n’est pas toujours celui qui fera les négociations et devra en informer les acheteurs stratégiques de la situation.
    Son apport est donc très axé « Qualitatif » plutôt que « Quantitatif ».

    – Dans le cadre de l’analyse de la valeur, l’acheteur « Analyse de la valeur » doit apporter un support aux acheteurs stratégiques. Il leur indiquera où se trouvent les « cost drivers » et quels sont les leviers à actionner (développement fournisseur, choix de l’équipement de production, choix du pays pour les coûts d’énergie ou de la main-d’œuvre, etc…). Ceci a 2 objectifs :
    Le 1er est de connaître le coût minimum théorique qu’il est possible d’atteindre dans le monde.
    Le 2nd est de connaître le coût minimum théorique chez votre fournisseur actuel avec ses équipements, ses charges, sa main-d’œuvre, etc…

     

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